Les vacances marquent généralement le top départ d’un lâcher-prise évident et surtout indispensable pour notre bien-être physique et mental. Il est clair quʼelles ne sont pas identiques pour tout le monde mais ce qui est sûr cʼest qu’elles modifient nos habitudes à tous.
En ce qui me concerne, cette année j’opte pour le fameux “retour aux sources” avec une mini escapade du côté de ma famille en Corrèze. Alors oui ça a beau être le département “producteur” de pommes et le chef-lieu de plusieurs présidents de la République, mais Tulle, préfecture de ce département historique, n’en reste pas moins une cuvette qui, au premier abord, ne nous présage pas un été de folie! Je me sens obligée de préciser que la présence de ma famille reste le facteur déterminant de mon voyage jusquʼà Tulle. Cependant (pour éviter de renier une partie de mes origines), je ne me situe pas à Tulle même mais dans un hameau non loin du petit village de Sainte Fortunade, typique mélange de lʼenvironnement de La petite maison dans la prairie et de l’ambiance du Trou Normand!

Dans la campagne corrèzienne. Photographie Michele, 2014

On respire, retrouve lʼodorat, la vue et… on réapprend le temps d’un moment à prendre son temps.
Mais si on en venait au point C, le point crucial et imputable à cette région: La Cuisine!
Des spécialités à la pelle: les tourtous, les farcidures, le milhassou, le petit salé, le pâté de pomme de terre, le clafoutis… sans parler des cèpes et des girolles qui ont ce fameux pouvoir de nous transformer en Indiana Jones ayant le Graal en possession dès que nous en ramenons quelques bocaux à la grande ville!


Raphaël Toussaint, Les joies de la campagne, 1971

Même si tous ces plats peuvent globalement se manger à l’année (excepté les farcidures que l’on trouve seulement entre Octobre et Juin), les spécialités corréziennes restent très hivernales. Quelques plats sortent du lot et se démarquent en étant disponibles en plein mois d’août.
Aujourd’hui c’est la mique que j’ai redécouverte. Plat du Moyen-Âge mais identitaire de la Corrèze. Elle ressemble et faisait également office de pain dans une région considérée comme pauvre et modeste. À écouter ma grand-mère, la mique était très appréciée car économique puisqu’elle pouvait accompagner plusieurs repas consécutifs, en guise de pain ou de garniture et sous des présentations différentes (froide, réchauffée à la poêle avec du beurre, grillée…).
La recette de cette pâte levée à base de farine de froment, œufs, levure, lait et matière grasse, comme toute bonne recette, se transmet de générations en générations et le petit plus qui fait la différence serait dans l’élaboration du bouillon.

Corrèze, le village de Turenne

Secret de famille oblige, je n’ai donc pas de recette à partager, cependant pour ceux qui se sentent doté d’une âme (d’)aventurière, certaines recettes circulent au vu et au su de tous sur internet!
Aujourd’hui j’ai décidé de la goûter au 4h légèrement dorée à la poêle avec du beurre et de la confiture et du miel...!
Si l’essentiel des spécialités culinaires Corréziennes est réalisée à partir d’ingrédients simples et accessibles, c’est le coup de main qui en fait des plats d’exceptions! Autant dire que peu le détienne et que je me suis faite à l’idée que lorsque que je n’aurai plus de famille dans la région, la gastronomie resterait ma “grosse” carotte motivante pour mon retour dans la vallée!